“Papa, c’est quoi cette croix rouge sur ta poitrine avec les dessins et les lettres rouges ?”

Un moine du Mont Athos, qui avait reçu la tonsure monastique du Grand Schème, quitta le monastère pour mener une vie séculière.

Oubliant ses vœux monastiques, il a d’abord mené une vie de dissipation, se noyant dans ses péchés, pour finalement se marier. Deux fils lui sont nés. Un jour, il s’en alla avec sa famille au bord de la mer. Alors qu’ils étaient assis sur la plage, le plus jeune fils a soudainement demandé :

“Papa, c’est quoi cette croix rouge que tu as sur la poitrine, avec les dessins et les lettres rouges ?”

Le père regarda sa poitrine – il n’y avait rien. Il réalisa alors avec horreur que l’enfant voyait la grâce du Grand Schème monastique. Rentré chez lui, il s’enferma dans sa chambre et y pleura toute la nuit.

Le lendemain, il se rendit chez le prêtre pour se confesser et lui raconta l’incident.

“Malgré vos nombreux échecs et votre détournement volontaire du Christ, le Seigneur vous aime toujours. Il vous a aimé lorsque vous viviez au monastère, Il vous aime maintenant, et Il ne vous prive pas de Sa grâce.” – dit le prêtre.

Ces mots réveillèrent en lui son ancien zèle pour le Seigneur. À la maison, il en parla à sa femme et elle accepta le divorce. Il retourna au monastère, et sa femme éleva ses enfants, puis se rendit au monastère où elle prononça les vœux monastiques.

17 ans plus tard, le plus jeune fils de ce moine, celui qui avait vu la croix et les lettres rouges sur sa poitrine, vint sur la Sainte Montagne de l’Athos et se rendit au monastère où son père était retiré (ce qu’il ignorait).

Il alla se confesser à l’higoumène du monastère et lui raconta alors l’histoire de sa famille :

“Geronda, je cherche mon père. Il est devenu moine et je ne l’ai pas vu depuis des années. Je pense qu’il est quelque part ici sur Athos. Pouvez-vous m’aider à le trouver ?”

L’higoumène comprit de qui il s’agissait et, essayant de cacher les larmes qui avaient involontairement monté dans ses yeux, il répondit au jeune homme :

“Reste avec nous un jour de plus, jusqu’à demain, et je demanderai aux frères.”

L’higoumène se rendit alors auprès du moine, qui était autrefois parti dans le monde, et lui posa une question :

“Père, votre plus jeune fils est ici dans notre monastère, il vous cherche. Vous voulez le voir ?”

Le moine répondit avec une vive émotion :

“Geronda, j’ai vu mon ange gardien et il m’a révélé que dans trois jours, je mourrai ! Dites à mon fils qu’il me verra dans trois jours ! Et une fois mort, vous lui révélerez que j’étais son père ! Je dois souffrir la pénitence pour tous les péchés que j’ai commis et je ne suis pas digne d’une telle consolation…”

Cette décision du moine et son refus de rencontrer son fils bien-aimé était une preuve de repentir complet et d’abnégation totale, et de son amour suprême pour Dieu.

L’higoumène persuada le jeune pèlerin de rester au monastère pendant trois jours de plus. Trois jours plus tard, un service funèbre fut organisé au monastère pour le moine récemment décédé, et auquel le jeune homme prit part. Après les funérailles, il se confessa à l’higoumène :

“Geronda, c’est la première fois que je vois un enterrement comme celui-là ! Le corps du défunt est odorant ! Ce n’est pas un corps, c’est une relique sacrée !”

Et alors l’higoumène a dit au garçon :

“Enfant, ce moine était ton père !”

Archimandrite Ephrem de la Sainte Montagne.

Source : https://myrophoros.blogspot.com/2020/10/blog-post.html

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